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A méditer 1

25 février 2017 - Articles

« Lucie dans le ciel », Tom Verdier

Une axiomatisation totale est impossible. Hilbert rêvait de mathématiques totalement détachées de la réalité. Il pensait que pour inventer une nouvelle théorie mathématique, il suffisait d’énoncer des axiomes, posés arbitrairement comme vrais, et de les mouliner avec les règles de la logique pour en déduire toute les théories possibles. Le but ultime était de trouver automatiquement toutes les propositions vraies dans la théorie. Or Gödel, en 1931, réussit à démontrer que la complétude était prise en faute. C’est-à-dire que certaines propositions pouvaient être vraies dans une théorie donnée sans qu’on puisse la démontrer à partir des axiomes. C’est un résultat remarquable car il a posé la limite des mathématiques comme jeu de construction telles qu’Hilbert les rêvait. C’est le fameux théorème d’incomplétude de Gödel.
Limite du formalisme ou pas je voulais pousser cette limite aussi loin que possible. J’avais un fantasme des mathématiques comme système non humain immaculé. En fait, le LSD m’a montré que les mathématiques sont tous ce qu’il y a de plus intrinsèquement humains, tenter de le nier est absurde. Pourquoi fait-on des démonstrations? Il y en a de plusieurs milliers de pages qui permettent d’affirmer qu’une proposition est équivalente à une autre. C’est-à-dire qu’il existe une réalité où ces deux propositions sont équivalentes, mais qu’on ne peut pas voir cette réalité directement. On ne peut que voir ces propositions et apprendre à savoir qu’elles sont équivalentes. C’est tous ce dont notre conscience est capable, les seules prises qu’elle a sur cette inaccessible réalité sous-jacente. Et pendant 1000 pages on aura donc écrit la même chose sous une forme légèrement différente à chaque fois. Mais la similitude est une impression, pas un fait. Si on tourne 3 pages, on ne vois plus la similitude et pourtant c’est la même. Et enfin la véracité de la démonstration, au final, c’est seulement que tout le monde tombe d’accord dessus. C’est encore humain cet accord. Les mathématiques sont l’aveu d’impuissance de la conscience humaine à voir les réalités elles mêmes. Avec le LSD, j’ai soudain été capable de voir des choses en elles. même de toucher de réalités fondamentales sans poser par des propositions les transcrivant, de trouver normaux des raisonnement que j’appelle aberrants le reste du temps, de les trouver même plus vrais que la réalité coutumière. J’ai réalisée que trouver une chose vraie et logique n’est qu’une sensation, que cette sensation peut changer. On l’avalise pour cette seule raison qu’elle est consensuelle dans l’espèce. Oui, nous sommes des aveugles et les mathématiques sont une des nos cannes.

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« Les portes de la perception » Aldous Huxley

Il semblerait que, au-delà du subconscient individuel (…) et au-delà du subconscient collectif de Jung; avec ses archétypes qui symbolisent les problèmes immémoriaux de l’espèce, il y ai un monde qui n’a que peu ou rien à voir avec nos intérêts humains individuels  ou collectif – Un monde d’où les poètes et les prophètes ont tirés leur description de l’enfer et du ciel et d’autres régions plus lointaines de l’autre monde. Ce qui surgit sous l’action de la mescaline et dans la schizophrénie est varié, mais cette diversité présente de nombreux traits commun et ces traits surgissent dans les descriptions de paradis chrétiens, musulmans ou bouddhiques et, quand l’expérience prend un tour négatif, dans les descriptions de l’enfer.  On est tout simplement incapables d’imaginer pourquoi nous devrions porter en nous ce vaste univers non humain.

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Salvador Dali

« Je réclame une vie dans l’au-delà avec persistance de la mémoire. Je veux bien renoncer aux béatitudes éternelles pourvut que dans l’éternité, je me souvienne de tout. »

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