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Gurvitch

28 février 2017 - Articles

En moi se ravive un feu sur les cendres d’un foyer de passage. Et au risque de passer pour un « exclu de la horde », si horde il y a, je me ferai ici avocat d’une vision peu consensuel sur Georges Gurvitch : celle de l’anarchiste en moi (attention à ce mot, souvent trop connoté : il faut se rappeler d’adjectiviser). Si beaucoup voient en Gurvitch un révolutionnaire et usent d’un vocabulaire encensant lorsqu’ils en font référence[1] (même si les conclusions sont contrastées[2]) les propos de Georges ne font pas échos à mon âme ni ne réveille un quelconque frisson anarchiste. En effet, sa vision me paraît moins révolutionnaire qu’elle n’est un nouveau paradigme d’une thèse contractualiste transcendantale.

Précisons d’emblée que mon point de vue sur le sujet est biaisé par expérience personnelle. Pendant longtemps j’étais convaincu de la possibilité de former un système complet des valeurs. Mais de conclusion en conclusion, ma conviction a mué en espoir. Si j’espère toujours la découverte d’un cadre normatif absolu, comme le monde des idées de Platon, il m’apparaît aujourd’hui évidant que la vérité est un miroir brisé dont chacun et chacune possèdent une partie (c’est tout le jeu derrière l’analyse comparative de la symbolique). Et donc je suis très sensible à la prétention de quiconque à la détention des hypothèses hilberiennes[3] de la raison. Car la raison est moins système que méthode d’analyse symbolique. Ainsi, même si je reconnais et remercie les perspectives qu’offre la raison des lumières[4] (ou les symboliques franc-maçonnes puisque les deux sont liés, en ce sens très spécifique), c’est sans renier mes racines (Condorcet m’a beaucoup influencé par exemple) que je cultive aujourd’hui l’envie de dépasser cette vision ; par pur instinct de gamer[5]. Et de par mon éducation universitaire d’économiste, cet instinct de gamer, de troll[6], est décuplé lorsqu’il s’agit de l’organisation de la société. Dans de tels cas, il m’est difficile de rester de marbre face à toutes prétentions de hiérarchisation en absolu de la valeur de nos symboles. Et malgré une façade pluraliste, les fondations du temple de Gurvitch m’apparaissent comme au plus proches d’un positivisme, défini comme possibilité d’une axiomatisation totale ou contrat social complet.[7]

Digression : Paradoxalement, ce jeu d’opposition aux morales me vient surtout de l’analyse de la morale d’Adam Smith et de son concept de spectateur impartial. [8] En effet, Smith pose que la conjonction du spectateur impartial et de la sympathie rend possible la production de la morale par la simple raison. Lui-même note le paradoxe : le spectateur impartial est supposé neutre et néanmoins pour juger il lui faut disposer d’un cadre normatif implicite. Toute la problématique de la théorie d’une morale inscrite dans la simple raison tient dans le constat de cette contradiction.

Malgré les lectures irréprochables de Gurvitch sur la philosophie allemande[9], il est tentant de dire qu’il est passé largement à côté de la philosophie anglaise.[10]

À grand tord il me semble : son socialisme, combiné au libéralisme anglais, aurait donné un temps d’avance à l’utopie managériale/architecturale. En soi, son contractualisme apparenté me plaît, car il se veut pluraliste. Mais, d’expériences[11], de nombreuses tentatives de jonction des concepts d’humano-divinité et de divino-humanité (comme ce qu’entreprend Gurvitch[12]) se réalisent dans l’établissement d’un État protecteur (à distinguer du Welfare State) éditeur de règles.  Or l’État moderne, même émancipé de la religion, se présente comme un être immortel. Sous son prisme, la société est mesurable et manipulable, obéissante à des règles immanentes qu’il suffit d’observer (renvoie à un certain scientisme). En cela capitalisme et communisme sont les branches d’une même foi occidentale dans le projet cartésien de se rendre maître de la nature. [13] Mais moins anarchiste que combattant contre la misère, mon esprit absolutiste d’autrefois s’agenouillera sans concession devant un Moustafa Meunier s’il tenté qu’il anticipe exemplairement la déviance et cesse ses expériences sur les prochains sauvages[14]. Un monde déshumanisé comme celui de Huxley, sans misère, ou sans conscience de la misère, m’apparaît plus humain que celui dans lequel nous vivons.[15]

Sur ce point le droit social de Gurvitch m’évoque de nombreux concepts du volet « humain » du développement durable. Il anticipe en un certain sens de nombreux concepts comme la responsabilité sociétale des entreprises. Les conseils ouvriers qui lui sont chers auraient pu/ont aboutit à la formation d’entreprises dirigées par les employés eux-mêmes. Il existe des entreprises qui ont aboli la propriété privée des moyens de production par une gestion collective. Nul doute que Gurvitch aurait apprécié cette dynamique ainsi que de nombreuses autres qui se mettent en place actuellement. [16] En sorte, Gurvitch était un moralisateur du capitalisme. Je pense qu’il voyait la possibilité d’une convergence entre le capitalisme et le communisme (le projet  initial de l’Europe selon moi). Alors du coup il l’a crédibilisé auprès des experts de l’époque. Et ça c’est bad-ass, on est dans les level hard du jeu. Lui dira que cela lui a valu le statut d’exclu de la horde[17], moi quand je lis sa vie je me dis qu’il s’en ai bien sorti niveau réseau social.[18]

Pourtant Gurvitch ne me fait pas vibrer. L’idée d’un droit social qui ne serait pas basé sur la punition imposée, mais par le choix de quitter le groupe est attrayante, mais pas s’il faut espérer que les problèmes de non-transitivité ne se posent pas[19] (car il implique un drôle « d’arbitraire objectif »). Gurvitch, éblouis par la sociologie américaine, par l’économétrie et la sociométrie, n’a pas poussé sa réflexion suffisamment loin. Il ne s’est ni aventuré dans la mathématique ni dans l’économie[20]. Sur ce point, Amartya Sen est allé beaucoup plus loin en posant son approche par les capabilités. Il ouvre des chemins de réflexions pluralistes, sans prétention universaliste dans les méthodes de résolution des contradictions. [21] J’aurais pu pardonner à Gurvitch son manque d’engagement, d’actions populaires et l’inclure dans défenseur de « la cause » s’il avait réveillé en moi les mêmes frissons que ceux que provoquent les lectures de Sen.

En effet, Gurvitch n’a pas exploré suffisamment les possibilités des pluralismes.  Il aurait pu dépoussiérer les travaux de Condorcet (et son théorème d’impossibilité[22]) et aurait compris l’aide indispensable de la mathématique dans l’établissement des procédures du droit. Il  a donné cours à Merleau-Ponty, cela aurait pu le rapprocher de Camus, qui avec sa philosophie de l’absurde l’aurait prévenu de la prise en compte des trolls dans son œuvre[23]. Gurvitch n’a jamais eu un moment de répit en tant que chercheur[24]. Directement après l’expérience du terrain, dans sa jeunesse, il a voulu donner une chance aux révolutions leur créant un cadre d’expression auprès des élites[25].  Il s’est investi (et non pas engagé) tout au long de sa vie dans cette cause, et il a eu une carrière universitaire exemplaire en ce sens. Mais, il aurait pu trouver dans n’importe quelle philosophie, qu’elle soit allemande ou indienne en passant par l’Afrique, des pistes vers des réflexions en intention. Cela lui aurait évité d’avoir à se le reprocher[26].

Une grosse déception donc est qu’il soit passé à côté de la pluralité des cadres des sources de la pensée solidaire[27], ne se focalisant que sur la pluralité intracadre. Je pense que cela, et l’expérience du terrain, de la base comme on dit[28] lui aurait permit de comprendre  que la clé du droit social c’était l’éducation populaire. En une période critique, le peuple doit se faire critique et l’éducation politique, qui implique de facto des analyses politiques populaires, est une véritable expression de la démocratie procédurale de Ricœur[29]. Le projet d’éducation populaire de Jean Guéhenno  et Christiane Faure est contemporain de Gurvitch[30]. Par manque d’agilité politique le projet est vite sacrifié. L’aide de Georges aurait été la bienvenue pour expliquer aux experts la pertinence du projet, d’autant plus qu’il eut pu s’inscrire dans le droit social.

Même la part la plus polémique en moi[31] reconnaîtra à Gurvitch ce moindre mal : d’avoir crédibilisé les pensées révolutionnaires (Russes notamment) dans les universités. [32] Son droit social est très proche des concepts normatifs proudhoniens. Or là où Proudhon a laissé un goût de révolutionnaire combattant avec qui il faut garder ses distances, Gurvitch a su garder sa casquette institutionnelle d’expert. En faisant cela, il a construit un pont entre le droit et les sciences sociales, par l’intermédiaire de la sociologie. Et si l’on suppose que les thèses de Bourdieu s’appliquaient déjà (ce qui ne paraît pas absurde), il a de facto créé une brèche pour atteindre le droit, trop souvent réservé à une classe sociale élitiste.

Mes ressentis (relatifs à la cohérence entre intentions, discours et application[33]) sur Georges Gurvitch sont donc très contrastés (l’émotion n’est aussi intense que pour d’autres auteurs). Je reste cependant plus que satisfait d’en avoir appris plus sur cet outil qu’est le pluralisme juridique. Il est de nombreux cas où le pluralisme peut et doit s’opposer au scientisme en replaçant les sciences dans des rapports de complémentarité et d’entraide pour dépasser la prétention à une méthode d’analyse symbolique absolue. Hackons les morales positivistes par des DDoS ![34]


[1] « il veut apporter son concours à l’avènement d’un socialisme autogestionnaire qui résoudrait la crise du capitalisme libéral sans tomber dans l’enfer du totalitarisme » (Commaille) – « engagement en faveur de l’autogestion ouvrière » ; « Il pratique un vigoureux militantisme de l’esprit » ; « Aussi bien les juristes que les sociologues du droit ne manquent pas d’être impressionnés par la richesse de la culture savante de Gurvitch » (Belly) – « Lecteur infatigable qui s’enrichit des œuvres qui le heurtent le plus » ; « son engagement, en le contraignant à l’exil » ; « il réconciliait son génie de théoricien avec sa soif de liberté spirituelle qui l’empêchait de s’enfermer dans aucune théorie, fût-elle la sienne » (Cazeuneuve) – « le leader charismatique » ; « il est l’un des rares auteurs de formation juridique à mettre à jour les dérives du capitalisme », « c’est dire si la lecture de Gurvitch se révèle d’un grand secours intellectuel » (Doat)

[2] « Gurvitch est un masculariste théorique » ; « rien n’est donné pour expliquer »  (Gauthier) ; « Il s’engage dans la voie du socialisme juridique, personnellement surtout, car il veut être au plus près des penseurs qui l’inspirent, pour se construire sa propre démarche » (Herrera). Voir l’article de Le Goff aussi.

[3] Sur l’incohérence de la mathématique – voir théorème d’incomplétude de Gödel. Pour le dire autrement : dans Twin Peaks, lors de la scène des explications de ce qu’il s’est passé avec Bob, chacun défini sa vision de ce qui vient de se passer, c’est-à-dire, à partir de convictions et de la jonction avec les faits (les hypothèses) les personnages arrivent à des conclusions. Si on applique cela à la mathématique alors on peut dire que Hilbert cherchait un espace où toutes les spéculations des personnages peuvent se rejoindre en une seule et même explication. Il cherche l’ensemble englobant, le système des systèmes. Gödel démontrera 20 ans plus tard qu’un tel système n’existe pas et que les mathématiques aussi sont relatives.

[4] « Le bonheur est une idée neuve en Europe » Saint Just. Avec la raison ʺles lumièresʺ instaurent l’idée d’un monde pour les Hommes fait par les Hommes. Le dictat religieux s’abolit avec les nombreuses découvertes scientifiques tous secteurs confondus. De nouvelles mythologies du monde s’imposent peu à peu.

[5] Distinction gamer/player qu’on n’a pas en français. Le game est à un niveau de réalité supplémentaire du jeu par exemple : le gamer est conscient du jeu. Voir: Bo Kampmann Walther, Playing and Gaming Reflections and Classifications, (2003).  À partir de là, si l’existentialisme est le jeu alors l’autodéterminisme et la (dé)cohésion sociale (réactif au chaos) apparaissent comme le  niveau expert, là où le communautarisme est le niveau débutant. C’est tout l’enjeu de l’agrégation des préférences individuelles.

[6] Selon moi, s’il faut vulgariser le principe de troll alors disons juste que pour un troll rien n’est sacré. Si en un cas quelconque un objet/concept venait à être sacralisé alors le troll se devra de la désacraliser par pur esprit de contradiction/de blague.

[7] À voir, la citation de Lucie dans le ciel : http://www.brainternet.net/a-mediter/

[8] Le concept de sympathie désigne l’affinité avec les passions des autres (Il découle de l’action de l’imagination). Approuver les passions c’est sympathiser avec elles (et respectivement) c’est-à-dire admettre l’adéquation entre la cause et la réaction au sentiment. Cela implique la sympathie conditionnelle (de l’empirisme, des normes …). En soi, les sentiments sont la norme et la mesure à partir de laquelle nous jugeons.

Pour aboutir à un point de vue impartial, la sympathie ne doit plus être simplement définie comme communication de passions à travers un changement imaginaire de situation, elle doit être  aussi caractérisée comme principe de régulations des intensités passionnelles entre l’observateur et le sujet.

[9] Thèse sur Fichte. Lecteur avide d’Heidegger, Kant, Schelling, Engels, Marx, Hegel, Nietzsche …Il semble cependant être passé à coté de Schopenhauer.

[10] Même s’il s’intéresse aux syndicats anglais à qui il reconnaît force et diplomatie supérieure. (Herrera) Il dit lui-même avoir lu Smith, mais il n’a lu que la richesse des nations, haha pas d’bol!!!

[11] Ces expériences ne répondent peut-être pas à la loi des grands nombres. Dans ce cas, le témoignage qui suit sera un préjugé (statistiquement pas significatif)

[12] Antonov (2016)

[13] Voir Alain Supiot, Quand les nombres nous gouvernent, 2016.

[14] Voir Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, 1932.

[15] En cela je reconnais l’utopie managériale/urbaine/de l’équilibre stable de la société (et donc le meilleur des mondes) comme utopie et non dystopie (si la variable d’intérêt est la misère au sens large).

[16] Idem par exemple pour la liquide democracy, et les mouvements d’occupations dans une certaine mesure.

[17] Gurvitch, L’exclu de la horde, 1958.

[18] Ami de Merleau-Ponty, André Jean Arnaud, Mauss, Halbwachs, Lévy-Bruhl, Duvignaud a été son assistant, Kelsen (spéculation), et bien d’autres. Proche de l’EHESS, du CNRS, et franc-maçon. Même si beaucoup devaient s’opposer avec véhémence à ses pensées politiques, je ne pense pas qu’il eut été si malheureux dans sa vie sociale.

[19] Voir paradoxe de Condorcet et théorème d’impossibilité d’Arrow. En gros, il n’existe pas de processus de choix social indiscutable, qui permette d’exprimer une hiérarchie des préférences cohérente pour une collectivité à partir de l’agrégation des préférences individuelles exprimées par chacun des membres de cette même collectivité.

[20] Même si dans l’exclu de la horde il dit avoir lu Marx et Smith il ne s’est pas approprié le vocabulaire de l’économie politique. Je le soupçonne de la même dynamique dans ses lectures de Bergson et Nietzsche.

[21] Sen se veut comparativiste soit défenseur de la théorie du choix social qu’il a lui-même élaboré en réponse à la théorie de la justice de Rawls. Toute l’approche du choix social de Sen est basée sur l’analyse comparative c’est-à-dire, tel que je le comprends, sur du cas par cas. Cela exclut toute transcendance positiviste (ouai rien que ça !) conçue comme système englobant.

[22] Explication théorème d’impossibilité.

[23] Surtout lorsqu’on sait que le mythe de Sisyphe de Camus est largement inspiré de la retranscription par Gurvitch de Heidegger en français. Olivier Todd, Albert Camus : A life, 2015.

[24] Universitaire en Russie, lors de son exil en Tchécoslovaquie il écrit deux thèses. Il reste actif à Berlin dans les cercles d’exilé. Puis publie en France dans les annales (au moins  11 articles entre 1924 et 1931). Il reprend alors ses études et publie deux thèses en 1932. En 1933 il participe à la fondation de l’Institut International de la Philosophie du droit, dont il devient le secrétaire général en 1936. Entre temps il s’installe à l’université de Strasbourg en 1935. Il publie plusieurs essais entre 1937 et 1940. Après un passage sur la ligne Maginot il s’exile aux États-Unis où il reste actif en publiant dans l’École libre, qu’il aide à fonder. Dès son retour en France en 1946 il réintroduit l’université de Strasbourg.C’est aussi l’année où il crée l’unique revue de sociologie en France à cette époque (sûrement grâce au noyau de bibliothèque qu’il a importé de son séjour aux USA). En 1950, il intègre la Sorbonne. Là il se calme un peu en ne publiant que 2 œuvres et 6 articles en parallèle de ses cours. Il fonde le Groupe de recherche sur la sociologie de la connaissance en 1957. À cette époque il a l’occasion de faire diverses missions universitaires en Yougoslavie. Ses filiations avec Edgar Morin (lui aussi au centre d’étude sociologique), Duvignaud (son assistant à la Sorbonne), Merleau Ponty (son élève à la Sorbonne) et le fait qu’il est signé le manifeste des 121 peuvent faire penser que sur la fin de sa vie il été proche du groupe de la rue Saint-Benoit (spéculation).

[25] Spéculation : pour moi il a été très marqué par son expérience russe. Pour donner une chance aux révolutions, il a voulu leur donner un cadre, c’est devenu une psychose. Comme Batman, il se rate sur l’application, mais les conséquences sont heureuses. Car sans vraiment l’avouer ou le comprendre il a créé un langage commun entre les révolutionnaires et les experts. Son attachement au sort des révolutions russes est évident lorsqu’on voit qu’il commente les activités du territoire au moins jusqu’à ses discours en Yougoslavie.

[26] À la fin de sa vie, il dira regretter l’absence d’une séparation plus nette entre jugement de valeur et jugement de fait dans ses œuvres. (L’exclu de la horde)

[27] Voir les concepts de l’entraide chez Kropotkine et Reclus, de la solidarité des penseurs de l’économie sociale et solidaire, ou encore les anthropologues Fortes et Pritchland pour les pensées africaines du gouvernement par consensus.

[28] https://www.youtube.com/watch?v=OmI_fDj4vaI (chronique Nicole Ferroni)

[29] Est démocratique une société qui se reconnaît divisée c.-à-d. traversée par des contradictions d’intérêt, mais qui se fixe d’associer à parts égales chaque citoyen dans : l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions,  et dans la délibération en vue d’arriver à un arbitrage (n’étant pas la résolution des contractions sinon c’est totalitaire).

[30] Lepage – l’inculture : https://www.youtube.com/watch?v=96-8F7CZ_AU&t=7769s

[31] Qui dira par exemple que si Gurvitch ne s’est pas associé aux porteurs de l’ESS (même s’il a lu Le Play et Saint Simon) c’est à cause de son appartenance franc-maçonne. Quand on sait que les défenseurs de l’ESS été pour la plupart de confession chrétienne et qu’entre les deux ça passait pas. Et ça, ce n’est pas très pluraliste. Ou alors qui s’offusquera de la création du CNRS comme institution protégeant les intellectuelles et qui se scandalisera des possibilités que cela a permis à beaucoup, dont Gurvitch, pour asseoir leur dominance universitaire (voir Ravage de Barjavel).

[32] « La pensée de Gurvitch suscitait un intérêt parce qu’elle permettait effectivement de concilier la recherche en science sociale avec un marxisme plus ou moins avoué, sans risquer de sombrer dans le discours idéologique facile, on inversement d’être perçu d’être à la botte des Américains » (Marcel, Gurvitch les raisons d’un succès, 2016).

[33] Et dans mon prisme d’analyse (prisme des moyens nécessaires à la réalisation des intentions) je ne peux pas encore séparer l’intention des conséquences dans le cycle intentions/discours/conséquences (ou hypothèses/démonstrations/conclusion suspendue impliquant une/des applications). La seule chose que je puisse faire pour diminuer ce biais et de prévenir de son existence dans mes conclusions suspendues. À cette condition seulement il m’est alors possible de donner les définitions de mon dictionnaire d’interprétation.

[34] Une attaque par déni de service (distributed denial of service attack) est une attaque informatique ayant pour but de rendre indisponible un service.  Dans le sens emprunté plus haut il s’agit de l’inondation d’un réseau afin d’empêcher son fonctionnement. C’est l’application 2.0 du spectateur impartial : inonder les morales transcendantales par des morales du même acabit pour les surcharger et empêcher leur propagation.